Les orientations de la réforme de la VAE sont alignées aux pratiques déjà mises en place par le Groupe IGS

La validation des acquis de l’expérience va-t-elle connaître son « Big Bang » ? Les pouvoirs publics souhaitent favoriser le dispositif pour atteindre, à horizon 2027, 100 000 parcours par an, contre 30 000 aujourd’hui.

VAE

Accompagnement du candidat en lieu et place de la phase de recevabilité, appui sur des architectes de parcours… Les mesures envisagées pourront-elles faire de la VAE un véritable levier de formation, au service de la transformation des compétences et des métiers ? Les explications de Catherine Azéma, responsable VAE du Groupe IGS Formation continue.​​​​​​​

 

Depuis une vingtaine d’années, le Groupe IGS est l’un des organismes pionniers à soutenir la VAE. Quel bilan pouvez-vous en tirer ?

Catherine Azema: En tant que certificateur de compétences sur une trentaine de titres RNCP, nous sommes effectivement un des acteurs importants de la VAE depuis 2002. 
Nous constatons que les salariés s’engagent de leur propre chef dans la démarche pour faire reconnaître leurs compétences, mais nous observons maintenant que les entreprises s’intéressent elles aussi de plus en plus à la démarche, dans un cadre collectif. La VAE se situe en effet au croisement de l’intérêt individuel et de l’intérêt de l’entreprise.

Ces dernières années, nous avons fait évoluer notre offre en digitalisant une grande partie de nos titres et des blocs de compétences sur une plateforme digitale ; cette approche par blocs de compétences offre aux candidat VAE la possibilité de s’inscrire dans un parcours mixte VAE et formation.
Le projet de loi est encore en cours d’élaboration, mais les premières mesures annoncées nous paraissent aller dans le même sens : celui d’une VAE de parcours.

20 ans après son entrée en vigueur, la VAE reste un dispositif sous-exploité. Comment expliquez-vous ce résultat en demi-teinte ?

CAz: D’autres facteurs entrent en jeu dans ce relatif désintérêt, en particulier la perception d’un diplôme au rabais. En France, la logique qui prévaut reste celle d’un parcours très formatif, d’une évaluation traditionnelle et de l’obtention d’un diplôme. Citons également la méconnaissance du dispositif, et enfin un manque de financement homogène et suffisant. Jusqu’à présent, les projets de VAE sont donc restés intimistes. Aujourd’hui le dispositif fait davantage parler de lui, il est amené à se démocratiser et les entreprises et salariés vont s’y intéresser davantage. Ce contexte favorable devrait encourager une dynamique positive d’évolution des compétences, de sécurisation et d’employabilité, avec à la clé une certification qui atteste de l’acquisition de compétences.

Quelles sont les principales orientations de la réforme de la VAE ?

CAz: Il est intéressant de noter qu’elles correspondent à celles déjà mises en place au sein du Groupe IGS Formation continue. 
Prenons l’exemple de la simplification de la recevabilité : cette étape du dossier de candidature appelait de très nombreux justificatifs. Nous avons choisi d’aller à l’essentiel grâce à un outil basé sur l’IA, permettant de positionner le candidat par rapport au référentiel, en fonction de ses compétences acquises. En complément de ce premier diagnostic, un entretien approfondi avec le candidat a lieu afin d’obtenir une juste vision de la faisabilité du parcours. L’objectif est ainsi d’encourager le candidat à s’engager dans une VAE uniquement si celle-ci peut lui permettre d’accéder à tout ou partie du titre ; cette étape du positionnement nous permet de surcroit de vérifier et/ou identifier le meilleur référentiel, c’est-à-dire le meilleur choix du diplôme. Il s’agit aujourd’hui d’un point différenciant de notre proposition de valeur.
Concernant la nouvelle fonction d’architecte de parcours visée dans le projet de loi, elle correspond à ce que l’on réalise dans le cadre de l’entretien, à savoir accompagner le candidat dans l’identification et l’individuation de son parcours ; cette évolution nous semble aller dans le bon sens car cette étape est fondamentale.

Quelles seraient, à vos yeux, toutes les dimensions à prendre en compte dans la réforme pour réellement favoriser l’essor de la VAE ?

CAz: D’abord, assurer un financement suffisant. La logique de guichet unique, prévu dans la réforme, serait assurée par une plateforme VAE et par un financement dédié. Il me paraît essentiel d’aider les entreprises à s’approprier le dispositif, en sortant de la dichotomie entre VAE et formation : il est temps de réconcilier les deux dimensions pour aider les collaborateurs à acquérir des compétences attendues par les employeurs, grâce à la notion de blocs de compétences. Et de faire ainsi de la VAE un véritable outil de GPEC (Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences.

 

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